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Me voilà donc de detour pour ressusciter ce blog. Je commence rapidement par un repost de quelques messages postés sur Facebook voilà quelques mois:

Dans le train:

Ok, on rigole plus, le froid est arrivé et j’ai plus d’ eau chaude !

Je me demande quand même quel est le problème que les japonais ont avec l isolation. Simple vitrage, murs en carton, il fait 40 degrés en été et 10 degrés en hiver a l intérieur. Mais bon, avec des espaces aussi réduits, 5 minutes d’ air co (chaud ou froid) et c est réglé.

Je suis dans le train. Avec l hiver les masques refont leur apparition. Je suis entouré de Michael Jackson jaunes. Comme d’habitude tout le monde dort. Y a même une fille qui dort debout, adossée a une dame qui n’ose rien lui dire.

Au gré d’ une secousse ( ou, comme toujours, on pourrait se croire dans un concert de métal a la 3ème rangée) j ai réalisé que le coude de la japonaise moyenne est a hauteur de mes bijoux de famille. Je suis vraiment trop grand pour ce pays. J ai mal !!!

Sinon, c est pratique, j ai toujours de l air frais. Je plains la fille a coté de moi, coincee entre le cuir de mon blouson et ce salary Man qui a pas l’air de considérer l utilité d une douche entre les bières du soir et les réunions du matin.

Après 12 stations, je peux enfin m asseoir. Ce n est pas un objectif en soi. C est un peu comme un bonus, 5 minutes de repos inattendus entre le lit et le travail. Probablement le seul moment de la journée ou on peut être assis en paix. Je reviendrai sur les stratégies du sommeil et de la course a la banquette dans le train un autre jour. Vous verrez c est passionnant !

J arrive a ginza itchome, 19ème station de la ligne yurakucho. Je m extrait du train en jouant des épaules (dans le vide, je rappelle aux moins attentifs d entre vous que rien ne m arrive a l épaule ici :-) ), j ai de la bonne musique dans les oreilles, il est temps de se mettre au travail !

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1. La technique du mouton

“quand les japonais courent, tu cours” est un vieil adage bien connu des étrangers a tokyo. Si tu ne sais pas pourquoi tu galopes, eux savent. Je dirais même mieux : si tu vois un japonais courir, tu sais que tu seras a l’heure pour ton train. Il suffit de presser le pas et de le suivre. Quand je sors de chez moi, je n ai plus besoin de montre, le rythme des japonais m indique le temps qu il me reste avant le prochain train.
Attention : technique a ne pas appliquer en été ! Les autochtones sont munis de pouvoirs spéciaux qui les empêchent de transpirer, même par 40 degrés et 90% d humidité. En compensation, nous avons été dotés de l’aptitude a boire de la bière sans s’évanouir. Mais c’est une autre histoire.

2. La fable du japonais compressible et du métro magique

La capacité des métros est plus ou moins équivalente de par le monde. L efficacité des différents peuples à les remplir varie cependant dramatiquement. A Bruxelles, un métro est considéré plein lorsqu’ il n est pas possible d’y monter sans toucher son voisin. sur certaines lignes du Brabant wallon, on dit même d’ un train qu il est bondé dès qu’il est impossible de s’y asseoir.
ce genre de considération perd tout son sens a Tokyo, grace aux métros magiques. Le principe est simple: le train est capable d’ absorber tout ce qui se trouve sur le quai. Sans exception. Si vous avez l’impression qu il est rempli, il y a probablement moyen de faire encore rentrer 50 personnes par wagon. Et a ce moment la, on peut encore pousser un peu pour en faire entrer 50 autres. Puis 25. Puis 10. A ce moment la, le seuil est atteint. Les règles de bon sens disparaissent et on peut remplir a l infini. Retenez ce théorème : tout japonais est compressible en milieu ferroviaire. Ne pensez jamais qu’un métro est trop rempli pour y monter : compressez !

3. “les mains sur la tête, personne ne bouge”

En situation de compression, cette simple règle peut vous sauver la vie : gardez les mains au dessus de la foule ! De préférence avec tout ce dont vous aurez besoin durant le voyage : téléphone, iPod, livre, maquillage,… Une fois les portes fermées, n’imaginez pas pouvoir accéder vos poches, encore moins remonter vos bras a la surface. Par exemple, j écris ce message avec mon téléphone au dessus de la masse. Si vous ne suivez pas cette règle, vous serez non seulement proie a l ennui, mais aussi vulnérable aux mouvements du train, qui vous balancera de gauche a droite, vous faisant rouler sur les pauvres japonais apeurés. Eh oui, vous n’avez rien a faire là ! Tout ce qui pèse mois de 55kg est soutenu par son environnement et peut se laisser aller. Pour moi qui en pèse le double,c est un peu comme être dans une piscine a vagues coincé au milieu d’une classe de maternelle. Si vous voulez éviter les drames, accrochez vous. Vous aurez aussi les coudes libres pour vous défendre des pervers qui profitent de la congestion pour tâter de l’arrière train. Les autres techniques de défense feront état d’une règle séparée.

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Suite au prochain numéro.

Max

Frankfurt Hostel

Rien à voir avec le Japon, mais je ne pouvais pas continuer ce voyage sans faire la pub pour cette auberge de jeunesse. J’y ai passé la nuit avant de prendre l’avion à pour Tokyo, et je la conseille à quiconque devrait passer quelques jours à Francfort où voudrait se reposer lors d’une escale.

Situé à 1 minute de la gare (il suffit de traverser la route), il propose des dortoirs (6 personnes) pour 19 euros la nuit, petit déjeuner compris ! Des chambres simples sont aussi disponibles pour un prix un peu plus élevé.

Il y a une douche par dortoir (ce qui est du luxe, comparé à certains hostels où il y a une ou deux douches par étage !!!), on y dort bien, et le petit déjeuner est vraiment copieux (buffet avec pain, céréales, yoghurt, café, jus, oeufs, etc…).

Je n’écrirais cependant pas une note de blog uniquement pour un bon lit, une douche et un petit dèj. Lisez plutôt :

J’y suis arrivé vers 21h30. Après un check-in rapide, je suis allé déposer mes affaires, et suis revenu dans la salle commune. Une bière ne fait jamais de mal, surtout après 3h30 de train, et ça permet généralement de rencontrer des gens. Quand je regarde autour de moi, je me dis quand même que facebook ne favorise pas les rencontres. Au bar, sur les tables hautes ou conventionnelles, une vingtaine de personnes sont plongés dans leur écran.  Je prends ma bière et m’accoude au bar de la cuisine, où un français de l’ile de la Réunion tente de mélanger du bacon, du chocolat, du riz et des épices pour faire son repas du soir. C’est ma porte d’entrée. Quand deux personnes commencent à discuter, elles ne restent jamais seules. Deux Australiens en cours de tour du monde, un Japonais qui étudie l’art à Londres et un Indien qui travaille à Francfort plus tard, l’ambiance est bien remontée. Il est minuit, j’en suis à ma 4eme bière, ai partagé du chocolat belge et de la Westmalle, et le groupe s’est encore agrandi. 1h du matin, on fête l’anniversaire d’une des filles travaillant à l’hotel. 2h, je rejoins un groupe près du piano. Jembe, guitare, folk, blues, on improvise, on chante. 3h du matin, je quitte tout ce petit monde qui continue à faire la fête pour profiter des 3 heures de sommeil qu’il me reste avant de partir pour l’aéroport, à 15 minutes en train et 3.6 euros de la gare centrale de francfort.

En résumé, si vous voulez dormir pour pas cher, boire de la bière allemande et rencontrer des gens de tous pays, voici l’adresse à suivre :

http://www.frankfurt-hostel.com/en/

Ecrit de : Appartement à Yanasegawa, Saitama. Vue sur les toits des maisons japonaises

TV : Emissions du matin sur la tv japonaise : un reportage sur des américains qui chassent je ne sais pas quoi en Chine… Pas très japonais tout ca.

On déconne pas avec les Allemands.

Ca commence comme n’importe quel voyage. J’arrive à l’aéroport en avance, attends sur les startings blocks devant le check-in desk pour être sur d’être le premier à demander de la place pour mes (très) longues jambes. La technique est testée, prouvée, et effectivement je suis preums à me présenter face à l’hotesse du vol Francfort Abu Dhabi qui m’offre une place aux sortie de l’airbus A330-200. Je craignais un peu qu’en Allemagne ma taille fasse moins sensation qu’au Japon mais ils semblerait qu’ici aussi mon mètre 98 provoque la compassion.

Vient l’instant critique de la pesée. Pas la mienne, je n’ose plus monter sur une balance depuis que mon séjour en Belgique m’a donné des airs de Sumo. Pas ma pesée donc, mais celle de mon bagage, supposé ne pas dépasser les 23kg. Il pesait, mardi soir, 24 kg. Ne faisant pas trop confiance à la balance familiale, j’avais déjà anticipé en buvant une Westmalle Triple à l’hotel et en mangeant une tablette de chocolat. Par pur souci de conformité aux règles internationales de transport, bien sur. Au delà de ces précautions d’usage, je choix de la bonne hotesse et un peu de charme suffisent généralement à faire passer un petit kilo en trop. Pesée, 24.7 kg. Peut être la pression athmosphérique est-elle plus forte à Francfort qu’à Corbais. Peut être est-ce ma serviette, devenue humide, ou la chemise sale que j’ai rangé dans mon sac ce matin. Sachant qu’à l’aller j’avais pu négocier 25.2 kg, je ne m’inquiète pas trop et commence un scénario de charme-négociation. Nein ! Allez, s’il vous plait ?! Nein ! Bon, je peux le redescendre jusque 24kg… Nein ! 23.5 ? Neineuuuh !!!

On déconne pas avec les Allemands. Mon sac n’est parti qu’après un régime d’1.5 kg. Je tiens à ce que toutes les associations de défense des consommateurs belges, le Ministre des affaires étrangères, le Roi et la SPA notent que la rigidité allemande à coûté deux bouteilles de Rodenbach à l’humanité. J’en verserai une larme.

Vérification des bagages à main. Comme à mon habitude, je vide mes poches, place ma veste et mes sacs dans un bac, mon ordinateur dans un autre. Depuis l’épisode Charles de Gaulle, mes harmonicas voyagent en soute. Plus question de jouer en plein milieu de l’aéroport pour prouver à tout le monde que (1) ce sont des instruments de musique et non des armes de destruction massive et (2) que je suis un musicien et non un terroriste entraîné à détourner un avion à coup de blues. Pas d’harmonicas, donc, pas d’inquiétude non plus, comme d’hab. Le portique sonne, comme les pour les 3 personnes devant moi. Quand j’ai vu les agents de sécurité passer deux enfants au scanner et les fouiller, j’aurais quand même du me douter que je n’allais pas m’en sortir sans un petit tripotage. C’est ma ceinture qui posait problème, on s’en est rendu compte tout de suite. Ca n’a pas empêché un vieux de vérifier si je ne cachait rien dans mon slip, dans mes chaussures, dans mes chaussettes ou dans mes cheveux. Je me demande quand même si son collègue ne m’a pas laissé passer exprès avec ma ceinture pour offrir à l’autre son petit plaisir du matin.

Mon appareil photo aussi, a eu droit à un strip tease. Un homme au ton sec m’aborde : “Is that your camera ?”. Oui. “take everything and come with me”. Ouais ouais, moi, après la séance de séduction de son pote lubrique, ca me tente pas trop d’aller m’enfermer dans un local exigu avec un Allemand sévère. Le fait de me prendre mon appareil photo et de se diriger vers la-dite pièce alors que je n’ai pas encore rassemblé mes affaire est un argument assez convainquant. Pas envie de me faire séquestrer, mais encore moins envie de laisser mon appareil sans surveillance. Il se passe alors un truc très scientifique sensé détecter si je n’ai pas caché d’explosifs dans mes objectifs, et je peux finalement aller prendre mon avion.

C’est clair, on déconne pas avec les Allemands.

PS : Les places aux sorties, c’était du bluff, j’ai eu une place toute pourrie au milieu de l’avion. Comme il était loin d’être plein, j’ai vite bougé pour aller dormir de tout mon long sur 4 fauteuils !

Ecrit depuis : la zone d’embarquement de l’aéroport de Francfort (posté depuis Yanasegawa, Saitama)

Musique : Ego Wrappin’

En attendant… en attendant quoi déjà ?

Quelques nouvelles.

Comme vous avez pu le constater, je ne suis pas un auteur  prolifique. Je vous promettrais bien un changement, mais je suis bien trop prudent pour ça. Quelques nouvelles, donc, en espérant relancer ma productivité, mais sans alerter les foules pour autant.

Sept mois depuis mon précédent post. 5 au Japon, 2 en Belgique, 4 jours dans les airs. Vous voyez, j’aime toujours les chiffres.

J’écris en attendant. En attendant que la tempête se calme pour que je puisse sortir. En attendant que le chocolat chaud se prépare tout seul et vienne s’offrir à moi (solution suffisante à mon bien être mais heureusement pas nécessaire). En attendant que le yen se casse la figure et améliore mon pouvoir d’achat. Mais surtout, j’écris pour m’occuper en attendant… mon passeport !

Passeport, effet personel, avec mon nom dessus, ma photo, quelques cachets, Maroc, Japon, Corée du Sud, et tout et tout… qui ne m’appartient plus. Il se trouve, à ce qu’on ma affirmé, au service consulaire du Japon en Belgique. Il attend, lui aussi, un bricolage de 10 minutes qui consiste à prendre le certificat qui m’autorise à travailler au Japon (que j’ai reçu du ministère de l’intérieur) et à le coller sur une page vierge du-dit passeport. “MAIS, me demanderez-vous, comment as-tu fait pour aller au Japon sans ton passeport ?”.

C’est justement là l’intérêt de l’intrigue. Chocolat chaud, pouvoir d’achat et beau temps sont des choses que j’attends frénétiquement en tentant d’oublier que ce que j’attends vraiment, c’est un avion pour le Japon. Un avion que j’aurais du prendre il y a 2 jours. Un avion qui est parti sans moi. Un avion qui se moque bien que le service consulaire du Japon en Belgique (en long dans le texte et dans la réactivité) ait décidé de travailler au ralenti.

“Désolé monsieur Romain, normalement ca prend trois jours, mais là, je sais pas, je comprends pas, ca fait plus d’une semaine, on a pas de réponse, et bien sur, vous comprenez, on peut juste attendre, parce que téléphoner pour savoir, pour rassurer, ca se fait pas trop, c’est pas dans le processus”.

Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme. La technologie, au Japon, s’est transformée en politesse, respect des règles et couardise. Ainsi, un téléphone, objet utile en soi – par exemple pour demander où en est mon dossier – est obligé de disparaitre pour faire de la place au zèle et à l’immobilisme d’un employé servile.

Pour vivre au Japon, il faut savoir ce qu’on y aime, et ce qui nous y énerve. Vous aurez deviné dans quelle catégorie se range cette expérience. J’aurai bientôt l’occasion de vous montrer que la liste de ce qui me passionne, m’intéresse et me surprend est sans commune mesure avec celle-ci.

Un autre avion m’attend la semaine prochaine, à moins que quelqu’un ne me demande d’attendre un peu plus longtemps pour qu’un autre quelqu’un, moins attentiste, porte attention à mon dossier. D’ici là je profiterai de la tempête, du chocolat chaud, du cours du yen et de la soupe au poids, en méditant sur l’idée suivante : Le Japon, c’est mieux quand on y est.

Ecrit depuis : Un fauteuil confortable dans la verranda sous la pluie belge

Musique : Tiger Okoshi > Monday Blues

Quelques chiffres pour commencer

6:41 – Heure à laquelle je commence ce message

2 – Heures de sommeil cette nuit

2 - Voyageurs. Cette fois-ci, je ne pars pas seul

14 – Jours de voyage avant d’entamer la recherche d’emploi intensive

3 – Kilos en trop dans les bagages, pour lesquels je devrai négocier, à Zaventem ET à copenhage.

130 – En euro, montant que j’ai économisé en spéculant sur ma capacité à négocier à l’aéroport, plutôt que d’envoyer une caisse par la poste.

4 - Le nombre d’heures avant de prendre l’avion. Au programme :

  • Impression des confirmations de réservation d’hotel (parce qu’un douanier japonais, quand il ne sait pas où tu vas, il te renvoie d’où tu viens)
  • Réveiller notre chauffeur (tiens, d’ailleurs, faudrait que je m’y mette maintenant)
  • Un petit verre avant le départ
  • Un Starbucks à l’aéroport. Le dernier en Belgique avant d’en boire tous les jours au Japon.
  • Check-in et négotiations
  • 1h avec la famille et les amis
  • Douane, fouille, “pourquoi vous avez des harmonicas”, “pourquoi vous avez un costume”, “pourquoi vous avez tant de chocolat”, …

9:30 - Arrivée à Tokyo

36 - Heures sans sommeil si je n’arrive pas à dormir dans l’avion

Voilà, je pensais qu’il était bon de commencer par quelques chiffres pour ouvrir ce blog. Je ne sais pas encore très bien ce que je vais y écrire, ni à quelle fréquence. Des nouvelles du Japon, des chroniques de ma vie, des réponses à vos questions, des photos, des photos, des photos.